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Une petite sortie à l’heure du goûter. Les granges foraines en hiver

Une petite sortie à l’heure du goûter. Les granges foraines en hiver

Grâce au froid qui persiste, la neige reste propice pour faire de la raquette même pas très haut dans la montagne auroise.

Hier après-midi, je suis allé marcher deux courtes heures en amont du village de Cadeilhan, à l’étage des granges foraines de Cadeilhan-Trachère et de Vignec.

Beaucoup de ces granges sont malheureusement aujourd’hui des ruines.

Autrefois, jusqu’aux années 60, elles étaient utilisées l’hiver pour abriter le bétail – les vaches, pas les moutons, qui eux ne restaient pas en principe durant la mauvaise saison dans la vallée mais transhumaient vers le bas-pays (plaines des Hautes-Pyrénées et du Gers).

Les paysans y montaient régulièrement malgré la neige, les vaches ayant besoin de soins quotidiens.

Une trace était faite et entretenue par le passage répété.

Les trajets s’effectuaient à pied, et parfois en raquettes. Jamais à ski, pour la simple raison que le ski n’a jamais existé dans les Pyrénées avant son introduction au début du siècle dernier. Pour les paysans montagnards, des skis auraient de toute façon été beaucoup moins pratiques que les raquettes.

Relevons que l’utilisation de la raquette à neige est attestée dans les Pyrénées déjà à l’époque médiévale.

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De beaux champs de neige. (Photo : Michel Bessone)
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Une grange en bon état, désormais vide de bétail. (Photo : Michel Bessone)
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Vestiges de grange. (Photo : Michel Bessone)
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Un ruisseau est caché sous la neige. (Photo : Michel Bessone)
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Il réapparaît là. (Photo : Michel Bessone)
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C’était jadis un lieu de vie. (Photo : Michel Bessone)
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Trouée entre les arbres. (Photo : Michel Bessone)
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Autre aspect de grange ruinée. (Photo : Michel Bessone)
« Nobis » : les « jeunes mariés » ou les « fiancés » de Soulan et d’Aulon

« Nobis » : les « jeunes mariés » ou les « fiancés » de Soulan et d’Aulon

Il était question du col des « Nobis » dans mon dernier article sur le blog.

Ce lieu de passage ancestral se trouve à peu près à mi-parcours (1606 m d’altitude) du chemin de randonnée balisé dit des « Nobis », qui relie deux villages de la haute vallée d’Aure, Soulan (vers 1300 m) et Aulon (vers 1200 m).

Voici quelques précisions destinées aux amateurs de toponymie.

Le mot occitan novis

Prononcé « nobis », le mot, gascon, est issu de l’occitan novis (nòvis), nom masculin pluriel qui signifie les « jeunes mariés » ou plus exactement les « nouveaux mariés ».

Le nom masculin singulier novi provient en effet du mot d’origine latine novius, « nouveau marié », de novus, « nouveau ».

Les novis étant le plus souvent jeunes, on évoque généralement de jeunes mariés, mais le mot peut s’appliquer à des mariés d’un certain âge.

A noter cependant que novi, novia ou novio au féminin selon la région, correspond aussi parfois à « fiancé, fiancée ». Le sens diffère donc légèrement dans ce cas.

Soulan et Aulon, une tradition de mariages intervillageois

Du fait de leur situation géographique – à l’écart des villages du fond de la vallée et assez proches l’un de l’autre, à une altitude voisine – Soulan et Aulon ont pendant des siècles entretenu des contacts privilégiés, en dépit de quelques inévitables litiges pastoraux.

Rappelons que la commune de Soulan n’a fusionné avec celle de Saint-Lary qu’en 1963.

Et les Aulonais étaient naguère raillés en vallée d’Aure, pris pour des gens pas très finauds habitant un site reculé.

Soulan et Aulon ont partagé une histoire matrimoniale qui tombe dans l’oubli aujourd’hui.

Jeunes gens et jeunes filles se rencontraient entre les deux villages, au détour d’un lacet du chemin dit de Lamudère (versant Soulan) ou de Soulan (versant Aulon).

C’est à ce chemin que l’on a donné le nom de « Nobis », car nombre de rencontres, devenues rendez-vous amoureux, se sont concrétisées plus tard par des fiançailles puis des mariages…

En outre, le grand jour du mariage, la procession empruntait bien sûr le chemin et le col des Nobis.

Lithographie de Ch. Philipon

Comme image d’en-tête de mon billet, j’ai choisi cette illustration facilement accessible grâce au magnifique site Rosalis.

Il s’agit d’une lithographie de Charles Philipon, resté célèbre en particulier pour ses caricatures de Louis-Philippe.

Le dessin, légendé « Fillette de la vallée d’Aure », représente une jeune fille vêtue d’un costume traditionnel quelque part en vallée d’Aure.

Mi-décembre au Cap Nestès

Mi-décembre au Cap Nestès

Longue randonnée pédestre hier de Camous à Sarrancolin…en passant par le Cap Nestès.

Le Cap Nestès – dont le nom serait en rapport avec Nistos, Nestier – s’aborde très tranquillement depuis la station de Nistos toute proche.

Il n’en va pas de même, bien sûr, lorsque l’on démarre la rando du fond de la vallée d’Aure.

En contrepartie d’un effort supplémentaire, la marche se déroule dans un cadre beaucoup plus varié et sauvage.

Au retour, plutôt que de plonger dans l’ombre glaciale de la vallée de Baricave, il est préférable d’arpenter certaines pistes et des sentes bien orientées pour bénéficier du soleil au maximum.

En voyant les photos, vous constaterez l’absence de neige : on devra encore attendre pour faire de la raquette, en moyenne montagne, dans cette partie des Pyrénées.

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Contreforts de la Pène de Camous. (Photo : Michel Bessone)
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Au centre, le Cap Nestès. (Photo : Michel Bessone)
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On aperçoit la cabane d’Ilhet. (Photo : Michel Bessone)
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Vue sur la Barousse (col de l’Aouet). (Photo : Michel Bessone)
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Pic de Mont Aspet, depuis le sommet du Cap Nestès. (Photo : Michel Bessone)
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Sur la crête du Cap Nestès. (Photo : Michel Bessone)
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Le Montaut et l’horizon bleu de la plaine. (Photo : Michel Bessone)
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Cabane du col de Bas. (Photo : Michel Bessone)
Puig de Sallfort, en balcon au-dessus de la grande bleue

Puig de Sallfort, en balcon au-dessus de la grande bleue

Je viens de finir les vendanges à Collioure chez Joakim. J’étais porteur, comme d’habitude.

Pas beaucoup de raisin en 2016, mais sans doute un millésime de qualité.

Ambiance de travail très sympa.

Dans les environs, le Puig de Sallfort (pic de Sailfort) offre une exceptionnelle séquence panoramique à l’amateur de randonnées.

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Depuis le sommet, vue vers Argelès et la côte sablonneuse. (Photo : Michel Bessone)
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On aperçoit Port-Vendres et Banyuls. (Photo : Michel Bessone)
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Tour Madeloc. (Photo : Michel Bessone)
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Tour de la Massane. (Photo : Michel Bessone)
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Détail rocheux. (Photo : Michel Bessone)
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En parcourant le sommet. (Photo : Michel Bessone)
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Un peu d’escalade ? (Photo : Michel Bessone)
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Affleurement calcaire. (Photo : Michel Bessone)

 

Le lac de Barbazan et ses mystères (4)

Le lac de Barbazan et ses mystères (4)

Saint Michel protecteur

L’archange Michel est le saint patron de Barbazan.

Ce choix ne doit sans doute rien au hasard.

Une chapelle bâtie autrefois tout près du lac et d’une source aurait été dédiée à l’archange chef des armées célestes.

Depuis les hauteurs, une statue qui représente saint Michel terrassant le Démon veille aujourd’hui encore sur le village et le lac.

Des pierres païennes jetées au fond du lac ?

N’oublions pas que Barbazan se trouve à proximité de Saint-Bertrand-de-Comminges, c’est-à-dire Lugdunum, place importante, capitale des Convènes dans l’Antiquité.

Une hypothèse fort crédible a été émise, apportant un bon éclairage aux légendes.

Lors de la christianisation du Comminges, de nombreuses pierres gallo-romaines (autels votifs, stèles, auges) ont pu être immergées pour s’en débarrasser une fois pour toutes dans le lac.

L’engloutissement punitif correspondrait ainsi à celui de symboles des cultes païens ayant précédé le christianisme.

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Statue de l’archange saint Michel à Barbazan. (Photo : Michel Bessone)
Le lac de Barbazan et ses mystères (3)

Le lac de Barbazan et ses mystères (3)

Un village englouti

La légende du village maudit et englouti au fond du lac de Barbazan retrace un cataclysme.

Le récit comporte des variantes, mais il s’agit toujours d’une punition divine suite à un manquement grave au devoir, sacré, d’hospitalité.

Voici, sur le site Gallica, la version la plus littéraire, celle transcrite par le grand épigraphiste Julien Sacaze pour les besoins de sa fameuse enquête de linguistique et de toponymie des Pyrénées (1887) : « La légende de Barbazan » .

Parfois, suivant les variantes, on ne parle pas de Jésus et saint Pierre mais d’un simple mendiant (saint Pierre ?) à qui une galette, du pain, a été offert.

Et l’on conte aussi que la femme hospitalière, péchant par curiosité, aurait été pétrifiée – telle la femme de Loth se retournant pour voir la destruction de Sodome et Gomorrhe – et serait devenue la « Peyre Majou », rocher situé à l’ouest du lac.

Seuls survivent les habitants de la maison charitable. Toutes les familles inhospitalières sont entièrement décimées, noyées, donc les enfants compris. Sort identique pour les animaux. Le châtiment peut de ce point de vue paraître cruel et aveugle.

La même trame légendaire expliquant l’origine cataclysmique d’un lac se retrouve dans maints endroits des Pyrénées (lac Mouriscot, lac d’Astanès, lac de Lourdes, lac Bleu, lac de Bordères, étang de Lers, étang d’Artats, lac d’Engolasters), dans le massif Central (par exemple, lac Pavin) ou les Alpes (par exemple, lac de Paladru).

Ce type de récit s’inscrit bien sûr dans la tradition du Déluge, mythe universel et qui ne se limite pas, loin de là, au seul texte biblique.

Plus spécialement, la version proposée par Julien Sacaze s’apparente beaucoup à l’histoire de Philémon et Baucis (mythologie grecque et romaine).

Salomé décapitée

Cette autre légende est moins connue en Comminges.

Salomé dansant, patinant, sur la glace du lac de Barbazan, qui meurt la tête tranchée comme saint Jean-Baptiste, et dont le corps disparaît à jamais au fond du lac…

Vous trouverez un récit sur le blog (voir les différents articles avec le mot-clef Salomé).

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Philémon et Baucis, Rembrandt, 1658.
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Le Banquet d’Hérode (détail), Domenico Ghirlandaio, 1486-90.

 

Le lac de Barbazan et ses mystères (2)

Le lac de Barbazan et ses mystères (2)

Enigmes de la nature ?

Un certain nombre de particularités ou phénomènes étranges ont été rapportés au sujet du lac et de ses abords :

– La profondeur maximale du lac resterait aujourd’hui encore inconnue.

– Son mode d’alimentation serait toujours inexpliqué.

– Via quelque source cachée sous le lac, l’eau thermale de Barbazan s’y écoulerait peut-être.

– Le lac garderait tout au long de l’année exactement le même niveau.

– Selon une croyance populaire bien établie avant la Révolution, le lac communiquerait avec l’océan. Pour preuve, on y aurait trouvé des poissons marins.

– Il se serait pêché jadis dans le lac des anguilles « monstrueuses » – poissons serpentiformes.

– Parfois, tel jour de grand beau temps, la surface du lac s’agiterait sans aucune raison apparente. Cela annoncerait l’arrivée d’une perturbation océanique.

– Les terrains marécageux entourant le lac demeureraient extrêmement meubles, même en période de forte sécheresse.

– L’aspect de la végétation du bord du lac servirait d’indicateur absolument sûr pour prévoir une année fertile ou pas.

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Le lac de Barbazan (25 août 2016). (Photo : Michel Bessone)
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(Photo : Michel Bessone)
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(Photo : Michel Bessone)

 

Le lac de Barbazan et ses mystères (1)

Le lac de Barbazan et ses mystères (1)

En ces temps de canicule, le lac de Barbazan est un lieu particulièrement agréable, à recommander pour la détente au seuil des Pyrénées commingeoises.

Le grotesque burkini islamique, rétrograde et provocateur, ne devrait en principe pas y faire problème, la baignade étant interdite.

Plusieurs mystères, de curieuses légendes, se rattachent à ce lac glaciaire caractérisé aussi par une forme ovale parfaite et des eaux très douces.

J’étais hier au lac de Barbazan avec mes amis montagnards Robert Bonesso (dit « le Diable ») et Henriette, après avoir dégusté chez eux la veille le traditionnel padenach de la région d’Aspet.

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A l’heure estivale de la table, pour déguster un padenach chez Robert et Henriette. (Photo : Michel Bessone)
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Le padenach, plutôt plat d’hiver, s’apprécie en toutes saisons. (Photo : Michel Bessone)

 

Au Montardo

Au Montardo

Restons encore un peu dans le massif des Encantats.

Voici 3 photos que j’ai prises aujourd’hui lors de l’ascension du Montardo, sommet splendide réputé, bien visible et impressionnant depuis Artiès.

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Panorama au sommet vers l’ouest. (Photo : Michel Bessone)
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Estanh de Cap de Port. (Photo : Michel Bessone)
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Estanh de Mar. (Photo : Michel Bessone)

 

Dans les Encantats (2)

Dans les Encantats (2)

Lacs des secteurs des refuges Ventosa i Calvell et Colomers.

Photos prises entre le 6 et le 12 août 2016.

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Estany Clot, estany de Travessani, estany Xic (11/08/2016). (Photo : Michel Bessone)
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Estany del Port de Caldes (11/08/2016). (Photo : Michel Bessone)
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Garguilhs de Jos (12/08/2016). (Photo : Michel Bessone)
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Garguilhs de Jos (12/08/2016). (Photo : Michel Bessone)
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Estanh des Gargolhes (12/08/2016). (Photo : Michel Bessone)
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Estanh Obago (12/08/2016). (Photo : Michel Bessone)
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Estanh Redon, estanh Long (12/08/2016). (Photo : Michel Bessone)
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Estanh Major de Colomers (06/08/2016). (Photo : Michel Bessone)