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« Nobis » : les « jeunes mariés » ou les « fiancés » de Soulan et d’Aulon

« Nobis » : les « jeunes mariés » ou les « fiancés » de Soulan et d’Aulon

Il était question du col des « Nobis » dans mon dernier article sur le blog.

Ce lieu de passage ancestral se trouve à peu près à mi-parcours (1606 m d’altitude) du chemin de randonnée balisé dit des « Nobis », qui relie deux villages de la haute vallée d’Aure, Soulan (vers 1300 m) et Aulon (vers 1200 m).

Voici quelques précisions destinées aux amateurs de toponymie.

Le mot occitan novis

Prononcé « nobis », le mot, gascon, est issu de l’occitan novis (nòvis), nom masculin pluriel qui signifie les « jeunes mariés » ou plus exactement les « nouveaux mariés ».

Le nom masculin singulier novi provient en effet du mot d’origine latine novius, « nouveau marié », de novus, « nouveau ».

Les novis étant le plus souvent jeunes, on évoque généralement de jeunes mariés, mais le mot peut s’appliquer à des mariés d’un certain âge.

A noter cependant que novi, novia ou novio au féminin selon la région, correspond aussi parfois à « fiancé, fiancée ». Le sens diffère donc légèrement dans ce cas.

Soulan et Aulon, une tradition de mariages intervillageois

Du fait de leur situation géographique – à l’écart des villages du fond de la vallée et assez proches l’un de l’autre, à une altitude voisine – Soulan et Aulon ont pendant des siècles entretenu des contacts privilégiés, en dépit de quelques inévitables litiges pastoraux.

Rappelons que la commune de Soulan n’a fusionné avec celle de Saint-Lary qu’en 1963.

Et les Aulonais étaient naguère raillés en vallée d’Aure, pris pour des gens pas très finauds habitant un site reculé.

Soulan et Aulon ont partagé une histoire matrimoniale qui tombe dans l’oubli aujourd’hui.

Jeunes gens et jeunes filles se rencontraient entre les deux villages, au détour d’un lacet du chemin dit de Lamudère (versant Soulan) ou de Soulan (versant Aulon).

C’est à ce chemin que l’on a donné le nom de « Nobis », car nombre de rencontres, devenues rendez-vous amoureux, se sont concrétisées plus tard par des fiançailles puis des mariages…

En outre, le grand jour du mariage, la procession empruntait bien sûr le chemin et le col des Nobis.

Lithographie de Ch. Philipon

Comme image d’en-tête de mon billet, j’ai choisi cette illustration facilement accessible grâce au magnifique site Rosalis.

Il s’agit d’une lithographie de Charles Philipon, resté célèbre en particulier pour ses caricatures de Louis-Philippe.

Le dessin, légendé « Fillette de la vallée d’Aure », représente une jeune fille vêtue d’un costume traditionnel quelque part en vallée d’Aure.

Balade du côté du col des Nobis

Balade du côté du col des Nobis

Le col des Nobis, passage traditionnel situé entre Soulan et Aulon, est bien connu des Aurois.

Pourtant, les cartes topographiques ignorent en général son nom.

On peut s’y rendre assez facilement depuis l’un ou l’autre village.

Hier après-midi, j’y suis allé au départ de Cadeilhan-Trachère, pour faire une boucle plus consistante.

La neige est attendue en début de semaine prochaine, mais comme les photos le montrent, il va falloir de grosses quantités ou des chutes répétées pour combler l’important déficit nivologique actuel.

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Arrivée au col des Nobis. Vue sur le massif de l’Arbizon. (Photo : Michel Bessone)
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Moyenne vallée d’Aure. (Photo : Michel Bessone)
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L’Arbizon. Il s’agit du versant sud mais le sommet dépasse 2800 mètres et il n’y a vraiment pas de neige.                    (Photo : Michel Bessone)
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Au loin, au centre, le Montious. (Photo : Michel Bessone)
La Route des lacs du Néouvielle, ouverte à la circulation… mais exposée au risque d’avalanches

La Route des lacs du Néouvielle, ouverte à la circulation… mais exposée au risque d’avalanches

La Route des lacs est ouverte jusqu’à Artigusse depuis le 8 avril cette année.

Route notoirement avalancheuse, fermée durant de longs mois, elle permet d’accéder au massif du Néouvielle, en particulier aux secteurs de l’Oule et d’Orédon.

Une ouverture vraiment précoce, curieuse quand même, déjà un 8 avril.

La Route des lacs serait donc aujourd’hui – à la date de ce billet – sûre, sécurisée, non exposée aux avalanches ?

J’ai emprunté hier cette route, officiellement ouverte à la circulation, pour aller randonner en raquettes au Soum de Monpelat (2 articles à suivre sur le blog).

Au cours de la rando, j’ai pu constater que 1) l’enneigement dans le massif du Néouvielle reste considérable, 2) le phénomène de fonte est encore peu marqué, 3) la plupart des avalanches habituelles de printemps ne sont pas parties.

Je me suis alors souvenu de ce printemps 1986, il y a juste 30 ans, alors que j’avais été témoin d’énormes coulées qui avaient dévalé et obstrué sur plusieurs mètres de hauteur la Route des lacs (interdite certes à la circulation) quelques jours avant le mois de mai.

Au même moment, le maire de Saint-Lary, Vincent Mir, s’était trouvé aussi piégé, avec des amis, dans la vallée du Rioumajou. La route pour se rendre à Frédancon était comme la Route des lacs pourtant interdite à la circulation, mais rien ne laissait deviner que les avalanches allaient descendre (ravin des Graviers, sous le pic d’Aret).

Evidemment, le maire de Saint-Lary a été secouru sans attendre – ce qui n’a pas été le cas des quelques personnes bloquées sur la Route des lacs…

Mais revenons aux conditions actuelles de la montagne du côté du Néouvielle.

Le site Inforoute 65 ne renseigne rien, endormi sur sa page du 9 avril (réactualisation quotidienne en principe !).

Il ne faut pas se leurrer : peut-être que tout se passera bien durant les prochaines semaines, tant mieux si la fonte opère graduellement.

Néanmoins, la Route des lacs restera toujours exposée non seulement aux avalanches de neige poudreuse, récente, mais aussi aux avalanches de fonte, printanières.

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Les pentes de Hèche Barrade sont gavées de neige. (Photo : Michel Bessone)
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Un excellent repère nivologique pour les connaisseurs. (Photo : Michel Bessone)

 

Pic Lumière, Pla d’Adet (toponymie de la vallée d’Aure) (2)

Pic Lumière, Pla d’Adet (toponymie de la vallée d’Aure) (2)

Le Pla d’Adet

D’où vient donc le nom « Pla d’Adet » ?

Il s’agit assurément d’un replat caractéristique, en balcon au-dessus de la vallée.

Mais pourquoi « Adet » ?

Un rapport avec le nom de famille Adet, ou avec le mot gascon local qui désigne l’enfant d’une fée, un hadet(h) (toujours au masculin en occitan, c’est le diminutif de hada, une fée), ne semble guère plausible, même si l’hypothèse de la présence d’une petite fée sur le plateau peut paraître charmante.

L’explication la plus probable concerne le village d’Azet, qui se dit « Adet » en patois. Voici un exemple du [z] intervocalique prononcé [d] en vallée d’Aure.

Nombre de personnes ont remarqué cela : le Pla d’Adet résonne comme le « Pla d’Azet ».

L’endroit est pourtant lié depuis des temps immémoriaux au village de Cadeilhan.

Notons que dans les archives du 19e siècle, à ma connaissance, on le désigne toujours par « la Pla », jamais « le Pla d’Adet ».

La Pla était un quartier dépendant de la montagne de Conques, Compeyroude, indivise avec Vignec. Néanmoins il appartenait en propre à la commune de Cadeilhan-Trachère. Et c’est encore le cas de nos jours.

Sur l’excellent site Gasconha.com, un billet suggère que le Pla d’Adet ait pu correspondre autrefois à des pâturages d’Azet sur le territoire de Saint-Lary ou de Soulan.

Cette idée, pour intéressante qu’elle soit, ne tient pas.

Question estives, elle va à l’encontre de toutes les sources documentaires et de la réalité du terrain.

S’agissant des communes, rappelons que certes l’essentiel du Pla d’Adet relève aujourd’hui administrativement de Saint-Lary-Soulan, mais ce rattachement – polémique et contesté par Cadeilhan-Trachère – ne date que de 1972 (devenu définitif en 1979).

Si l’on veut chercher une relation vraisemblable avec Azet, le Pla d’Adet pourrait être un replat tourné vers Azet, du haut duquel on aperçoit Azet.

Spécialement Azet car, à la différence de Sailhan et Estensan, orientés à peu près de la même manière, et visibles aussi du Pla d’Adet, Azet est le village le plus élevé et le plus important (il fut le chef-lieu d’un archiprêtré) dans cette direction.

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Le village d’Azet (cliché pris depuis le secteur d’Ens). (Photo : Michel Bessone)
Pic Lumière, Pla d’Adet (toponymie de la vallée d’Aure) (1)

Pic Lumière, Pla d’Adet (toponymie de la vallée d’Aure) (1)

Ces deux lieux de la haute vallée d’Aure sont aujourd’hui indissociables de la station de sports d’hiver de Saint-Lary-Soulan.

Situés historiquement sur la commune de Cadeilhan-Trachère, ils présentaient jadis une importance particulière surtout pour les habitants du village de Cadeilhan.

Le pic Lumière

A l’altitude de 1585 mètres, il est surmonté par l’unique pylône du téléphérique du pic Lumière (mis en service en 1957). On le localise facilement même de nuit, lorsque le pylône est… illuminé.

De Cadeilhan, depuis Trachère, Saint-Lary aussi, il a l’aspect d’un pic, du sommet d’une montagne. A vrai dire, ce n’est que le faîte du premier ressaut d’un chaînon se terminant au pic Cabanou et culminant mille mètres plus haut (crête de Hèche Barrade).

Le Pla d’Adet commence au-delà du pic Lumière – pic de Lumière dans tous les documents d’archives.

Selon la tradition locale, rapportée par les anciens de Cadeilhan, le nom lumière a été donné parce qu’il s’agit de l’endroit au-dessus du village qui, le matin, est le premier à être vu éclairé par la lumière du soleil.

A Cadeilhan-Trachère, un lieu-dit s’appelle d’ailleurs « Lumière », juste au pied et dans l’axe du pic (les cartes dressées en 1833 distinguent, avec de légères variations orthographiques, deux lieux-dits contigus). Le creux sous le pic est connu en tant que « clot de Lumière ». Et il y a encore le passage, raide, désigné « escalete de Lumière ».

Relevons que dans les Pyrénées centrales un autre endroit porte le nom de « Lumière » : le plateau Lumière, en vallée de Barèges (déjà mentionné au XVIIIe siècle sur la carte Cassini).

Nous avons affaire ici non pas à un pic mais à un plateau, et qui n’est pas éclairé le premier par le soleil au lever du jour. L’explication doit être différente.

En fait, le plateau Lumière, réputé lieu lumineux, serait à l’origine une clairière remarquable aménagée sur le sombre versant nord couvert de forêts, et bénéficiant en conséquence du maximum de lumière.

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Une édition de la carte de 1833. (Photo : Michel Bessone)
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Lieux-dits, de part et d’autre du chemin de Lumière. (Photo : Michel Bessone)
La grosse avalanche survenue cet hiver au Monpelat (3)

La grosse avalanche survenue cet hiver au Monpelat (3)

L’importance du secteur du Monpelat pendant la saison touristique hivernale

Plusieurs avalanches d’envergure se sont produites l’hiver dernier en vallée d’Aure. Pourquoi avoir choisi de parler sur le blog de celle-ci en particulier, et dans trois articles ?

Parce que l’avalanche semble être encore largement ignorée à ce jour.

Et alors que le secteur du Monpelat, situé rive droite du lac de l’Oule, est fréquenté par un nombre non négligeable de personnes durant la saison d’hiver, lorsque la station de ski de Saint-Lary fonctionne.

A ce moment-là, en effet, la route des lacs est fermée (pour cause de danger d’avalanches), et l’on peut se rendre très facilement au lac de l’Oule par les pistes ou en remontées mécaniques. Le chalet-refuge de l’Oule – un excellent camp de base – vous y accueille.

Le tour du lac de l’Oule, à pied, en raquettes ou à skis, est un grand classique, attirant de nombreux promeneurs dont beaucoup de familles.

En outre, pour les randonneurs à skis ou en raquettes, l’accès le plus direct à la Réserve naturelle du Néouvielle se fait l’hiver par l’Oule.

Un itinéraire à ne pas conseiller en hiver

Nous avons vu que le versant nord-est du Monpelat présente des risques pouvant être très élevés liés à la neige (avalanches – danger désormais parfaitement notoire suite à la grosse avalanche de cet hiver, et aussi neige dure).

Or, le Parc national des Pyrénées, établissement public qui gère la Réserve du Néouvielle, a installé des panneaux fixes à différents endroits (portes d’entrée de la réserve, certains cols) sur lesquels, entre autres, il est conseillé de suivre en hiver un itinéraire versant nord-est du Monpelat.

Cela à l’aide d’un tracé continu, matérialisé couleur mauve. En s’adressant au grand public, et sans émettre la moindre recommandation ni mise en garde.

A la différence d’une carte IGN (la carte IGN au 1 : 25 000 montre un itinéraire avec des traits discontinus et suggère un crochet pour éviter le haut de la pente) ou d’un topo-guide, la représentation du parcours sur les panneaux du Parc national n’a pas un caractère purement indicatif.

Il s’agit d’une demande, non d’une simple information.

L’itinéraire n’est pas obligatoire, cela va de soi, mais les randonneurs – mis en confiance devant une signalétique officielle – sont invités à l’emprunter (« itinéraire conseillé », « merci de le suivre ») tandis qu’absolument rien sur les panneaux ne les avertit des périls auxquels ils peuvent s’exposer.

En incitant de cette manière le grand public à se rendre en pleine zone avalancheuse, le Parc national engage à mon avis sa responsabilité, même s’il justifie sa démarche par la respectable protection de la faune, spécialement des galliformes de montagne, donne d’excellents conseils aux randonneurs sur son site web, et rappelle à juste titre dans une vidéo que la sécurité doit primer lorsqu’il existe un risque.

Préconisations

Compte tenu des dégâts causés à la forêt par l’avalanche de l’hiver dernier, et de la voie ainsi ouverte, on peut envisager qu’un hiver ou l’autre (ou un printemps) une plus grosse avalanche se produira, balayant comme dans les années 1950 le chemin du tour du lac de l’Oule.

Dès lors, une signalétique préventive pourrait être mise en place sur ce chemin par l’autorité compétente, spécialement au niveau de la coulée, pour attirer l’attention des promeneurs et randonneurs sur le risque avalancheux.

Quant aux panneaux du Parc national, il serait très raisonnable de supprimer le tracé versant nord-est du Monpelat et de rajouter diverses recommandations avec une mise en garde concernant les dangers de la montagne hivernale.

P-S rajouté le 02/07/2015 : j’ai signalé aujourd’hui par mail l’existence de l’avalanche, et indiqué les trois articles relatifs sur le blog, à la Préfecture des Hautes-Pyrénées, à la Sous-Préfecture de Bagnères-de-Bigorre, à la BTA de gendarmerie de Bagnères-de-Bigorre, aux communes directement concernées (Vielle-Aure et Saint-Lary-Soulan), au Parc national des Pyrénées, à l’IRSTEA, et à l’IGN.

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Réserve naturelle du Néouvielle. Panneaux de la porte d’entrée d’Orédon. (Photo : Michel Bessone)
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Une grossière erreur de légende : il s’agit bien sûr du lac d’Aumar. (Photo : Michel Bessone)
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« Itinéraires conseillés en hiver. » (Photo : Michel Bessone)
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Tracés conseillés. (Photo : Michel Bessone)
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Tracé avalancheux versant nord-est du Monpelat (je l’indique en pointillé). (Photo Michel Bessone)
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Réserve naturelle du Néouvielle. Panneau du col d’Estoudou. (Photo : Michel Bessone)
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Pas la moindre recommandation ou mise en garde. (Photo : Michel Bessone)
La grosse avalanche survenue cet hiver au Monpelat (2)

La grosse avalanche survenue cet hiver au Monpelat (2)

Je tenais à observer au plus près les dégâts causés par l’avalanche.

Avant-hier je suis donc allé au Soum de Monpelat, et j’ai descendu tout le versant nord-est pour rejoindre le lac de l’Oule.

Les premiers dommages sont visibles aux alentours de 2230 m.

Fort logiquement, c’est surtout à partir de 2050 m que la forêt a été ravagée.

Les coulées (je rappelle que l’avalanche s’est scindée en deux) se sont arrêtées vraiment tout près du chemin du tour du lac, l’une seulement 10 mètres plus haut et à moins de 30 mètres de distance.

Les dangers du Monpelat liés à la neige

En période estivale, le Monpelat, magnifique belvédère sur le massif du Néouvielle, ne présente pas de danger particulier.

Il en est tout autrement l’hiver et au printemps, lorsque la neige recouvre la montagne.

Bien sûr, c’est l’évidence, certains jours les conditions nivologiques et météorologiques seront bonnes et même excellentes. Randonner alors à ski ou en raquettes dans le secteur n’aura rien d’inconscient, pourvu que l’on soit correctement équipé et du niveau physique et technique requis.

1) Les avalanches

De tous côtés du sommet, un risque avalancheux existe pendant une partie de l’année.

On peut se reporter aux documents – non exhaustifs – de la CLPA : feuille de la carte et fiches signalétiques (Saint-Lary-Soulan : emprises 24 et 1007).

Incontestablement, c’est le versant nord-est qui présente le plus de danger, même si, comme  nous l’avons déjà relevé, la CLPA ne dit rien à son sujet.

La partie supérieure enneigée de ce versant montre d’ailleurs souvent un sinistre profil convexe.

2) La neige dure

Le risque de dévissage sur neige dure est à prendre aussi en considération (danger de chute grave, versant nord-est).

L’utilisation de crampons peut s’avérer nécessaire.

(Suite et dernier article au cours de la semaine.)

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Le rampaillon du Cascaret avant l’avalanche (septembre 2014). (Source : Google Earth)
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Et après l’avalanche (mai 2015). (Photo : Michel Bessone)
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Le Monpelat, versant nord-est, vu fin mai 2013 depuis le vallon de Bastan. (Photo : Michel Bessone)
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Série de photos prises le 20 juin 2015. Ici, au début de la descente, en haut du versant nord-est. (Photo : Michel Bessone)
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(Photo : Michel Bessone)
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(Photo : Michel Bessone)
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(Photo : Michel Bessone)
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(Photo : Michel Bessone)
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(Photo : Michel Bessone)
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(Photo : Michel Bessone)
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(Photo : Michel Bessone)
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(Photo : Michel Bessone)
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(Photo : Michel Bessone)
La grosse avalanche survenue cet hiver au Monpelat (1)

La grosse avalanche survenue cet hiver au Monpelat (1)

J’ai abordé le sujet il y a quelques semaines ici sur le blog (voir les trois premières photos).

La problématique posée intéresse la prévention.

Sans faire de l’alarmisme, une avalanche plus importante que celle de cet hiver reste possible si les conditions de neige et météo sont réunies.

Un précédent vers 1950

A défaut d’en avoir été témoins, tous les connaisseurs du massif en ont entendu parler un jour ou l’autre.

Une avalanche partie depuis le haut du versant nord-est du Soum de Monpelat, et dévalant jusqu’au lac de l’Oule via le rampaillon du Cascaret, en aval du vallon d’Estibère.

Une avalanche exceptionnelle, finissant dans le lac, ravageant la pinède sur son passage.

D’après un témoin avec qui j’en ai discuté à différentes occasions, elle s’est produite il y a environ 65 ans, alors qu’il était encore enfant. Pour lui – devenu un brillant professionnel de la montagne – ça devait être une avalanche de neige poudreuse, compte tenu du type de dévastation.

C’est au printemps que le témoin a observé les dégâts causés par l’avalanche : la végétation arrachée de manière impressionnante, de nombreux arbres ayant été emportés jusque dans le lac.

Depuis, il y a eu certes, en hiver ou au printemps, des coulées sur le versant nord-est du Monpelat. Mais à ma connaissance, aucune avalanche comparable ne s’est produite (l’estimation de l’âge des arbres du chablis actuel pourrait sans doute renseigner sur ce point).

En tout cas, je n’en ai jamais vu là d’identique, alors que je fréquente régulièrement le massif depuis plus de 30 ans (notamment lorsque j’encadrais chaque semaine durant la saison d’hiver des stages UCPA de rando semi-itinérante en raquettes dans le massif du Néouvielle, ou quand j’étais rattaché comme accompagnateur raquettes à des écoles de ski de la station de Saint-Lary).

A noter le caractère lacunaire des données de la CLPA : zone blanche sur la carte correspondante et absence de fiche signalétique.

Rappelons à ce propos que la CLPA est un simple outil, très utile mais inadapté pour la pratique de la montagne hivernale, selon les propres termes de la CLPA.

Caractéristiques de l’avalanche

Le décrochage doit logiquement se situer dans la partie supérieure du versant (vers 2300 ou 2350 m).

La masse de neige a descendu la pente sur environ 400 mètres de dénivelée, presque jusqu’au chemin (fréquenté en hiver) qui fait le tour du lac de l’Oule.

A un moment donné, l’avalanche s’est séparée en deux, la coulée principale suivant à peu près le thalweg, l’autre glissant de côté de manière assez surprenante.

Au vu du grand nombre d’arbres mis en pièces, déracinés, couchés et transportés, il ne fait guère de doute qu’il s’agissait d’une avalanche de poudreuse, en aérosol.

D’autres avalanches exceptionnelles ont frappé la vallée d’Aure cet hiver, à Aulon par exemple.

Si au-dessus du lac de l’Oule les coulées habituelles (Les Coustaeras) n’ont pas toujours eu beaucoup d’ampleur, il faut relever de gros dégâts dans le vallon de Port-Bielh.

 (Suite dans le prochain article.)

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Versant nord-est du Monpelat. (Photo ; Michel Bessone)
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Les deux saignées dans la forêt. (Photo : Michel Bessone)
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Détail. (Photo : Michel Bessone)
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Vue d’ensemble. (Photo : Michel Bessone)

 

Une longue randonnée (2) : Estibère, l’Oule en raquettes

Une longue randonnée (2) : Estibère, l’Oule en raquettes

La rando se poursuit.

Parvenu au col d’Aumar, c’est toujours un enchantement de découvrir le secret vallon d’Estibère, « joyau de la réserve naturelle du Néouvielle ».

L’heure avance, il faut revenir à Fabian.

Comme c’était mon intention, je choisis de descendre le vallon d’Estibère pour atteindre ensuite le lac de l’Oule.

L’enneigement me permet de garder les raquettes jusqu’au barrage.

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Pic d’Aumar. (Photo : Michel Bessone)
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Vue vers le pic de Gourguet. (Photo : Michel Bessone)
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Pic Plat. (Photo : Michel Bessone)
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Voilà le col de Bastan au loin. (Photo : Michel Bessone)
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Dans une combe du vallon. (Photo : Michel Bessone)
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Les skieurs reconnaîtront sans doute là-bas à gauche une partie de la station de Saint-Lary. (Photo : Michel Bessone)
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Lac d’Anglade. (Photo : Michel Bessone)
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Parfois de petits obstacles. (Photo : Michel Bessone)
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Lac du Cascaret. (Photo : Michel Bessone)
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Le lac de l’Oule est totalement dépourvu de glace. (Photo : Michel Bessone)

 

En vallée d’Aure, la neige est au rendez-vous pour faire de la raquette !

En vallée d’Aure, la neige est au rendez-vous pour faire de la raquette !

Depuis plusieurs jours, tout le monde s’est rendu compte en vallée d’Aure que l’hiver souhaite prendre à nouveau, comme il se doit, ses quartiers de saison…

Les vacanciers de Noël qui aiment la balade ou la rando en raquettes peuvent être rassurés.

Sauf surprise assez improbable, la neige sera là pour faire de très belles randonnées en raquettes dans des secteurs de moyenne montagne de la vallée durant les prochaines vacances.

Suivent quelques images prises cet après-midi lors d’une sortie classique en raquettes au départ de Soulan jusqu’à la Serre.

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L’Arbizon, versant sud, depuis le col des Nobis. (Photo : Michel Bessone)
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La neige ne porte pas. Les raquettes aident beaucoup. (Photo : Michel Bessone)
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A l’entrée de la vallée, le Montaut est suffisamment enneigé pour y aller en raquettes. (Photo : Michel Bessone)
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Un peu plus loin. Des champs de neige vierge. Ma trace. (Photo : Michel Bessone)
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« Plateau » du Portarras. (Photo : Michel Bessone)
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Le Lustou, en haut, bien sûr. (Photo : Michel Bessoine)
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Massif du Hourgade. (Photo : Michel Bessone)