Archives de
Étiquette : Christ

Fin des vendanges dans le Bordelais

Fin des vendanges dans le Bordelais

Depuis fin septembre j’étais dans le Bordelais, essentiellement la région de Fronsac, le Fronsadais.

Je suis revenu en vallée d’Aure juste aujourd’hui après presque deux mois de travail chez mon ami vigneron Jean Trocard.

J’étais porteur, cela va de soi. Ensuite j’ai donné un coup de main au chai.

Il y a eu beaucoup de raisin, et du beau raisin : le millésime 2016 sera sans nul doute fort prisé.

chateau-jeandeman--vignoble-roy-trocard-fin-vendanges-dans-bordelais
Château Jeandeman, un vignoble Roy-Trocard. (Photo : Michel Bessone)
vignes-fronsadais-11-novembre-feuilles-commencent-tomber-fin-vendanges-dans-bordelais
Vignes du Fronsadais le 11 novembre. Les feuilles commencent à tomber. (Photo : Michel Bessone)
dans-eglise-fronsac-christ-et-cep-vigne-fin-vendanges-dans-bordelais
Dans l’église de Fronsac, Christ et cep de vigne. (Photo : Michel Bessone)
remploi-gallo-romain-eglise-fronsac-fin-vendanges-dans-bordelais
Remploi gallo-romain de l’église de Fronsac. (Photo : Michel Bessone)
Le lac de Barbazan et ses mystères (3)

Le lac de Barbazan et ses mystères (3)

Un village englouti

La légende du village maudit et englouti au fond du lac de Barbazan retrace un cataclysme.

Le récit comporte des variantes, mais il s’agit toujours d’une punition divine suite à un manquement grave au devoir, sacré, d’hospitalité.

Voici, sur le site Gallica, la version la plus littéraire, celle transcrite par le grand épigraphiste Julien Sacaze pour les besoins de sa fameuse enquête de linguistique et de toponymie des Pyrénées (1887) : « La légende de Barbazan » .

Parfois, suivant les variantes, on ne parle pas de Jésus et saint Pierre mais d’un simple mendiant (saint Pierre ?) à qui une galette, du pain, a été offert.

Et l’on conte aussi que la femme hospitalière, péchant par curiosité, aurait été pétrifiée – telle la femme de Loth se retournant pour voir la destruction de Sodome et Gomorrhe – et serait devenue la « Peyre Majou », rocher situé à l’ouest du lac.

Seuls survivent les habitants de la maison charitable. Toutes les familles inhospitalières sont entièrement décimées, noyées, donc les enfants compris. Sort identique pour les animaux. Le châtiment peut de ce point de vue paraître cruel et aveugle.

La même trame légendaire expliquant l’origine cataclysmique d’un lac se retrouve dans maints endroits des Pyrénées (lac Mouriscot, lac d’Astanès, lac de Lourdes, lac Bleu, lac de Bordères, étang de Lers, étang d’Artats, lac d’Engolasters), dans le massif Central (par exemple, lac Pavin) ou les Alpes (par exemple, lac de Paladru).

Ce type de récit s’inscrit bien sûr dans la tradition du Déluge, mythe universel et qui ne se limite pas, loin de là, au seul texte biblique.

Plus spécialement, la version proposée par Julien Sacaze s’apparente beaucoup à l’histoire de Philémon et Baucis (mythologie grecque et romaine).

Salomé décapitée

Cette autre légende est moins connue en Comminges.

Salomé dansant, patinant, sur la glace du lac de Barbazan, qui meurt la tête tranchée comme saint Jean-Baptiste, et dont le corps disparaît à jamais au fond du lac…

Vous trouverez un récit sur le blog (voir les différents articles avec le mot-clef Salomé).

philemon-baucis-rembrandt-lac-barbazan-et-ses-mysteres-3
Philémon et Baucis, Rembrandt, 1658.
banquet-herode-detail-ghirlandaio-lac-barbazan-et-ses-mysteres-3
Le Banquet d’Hérode (détail), Domenico Ghirlandaio, 1486-90.

 

Deux églises pyrénéennes « monuments historiques » à l’état d’abandon (2)

Deux églises pyrénéennes « monuments historiques » à l’état d’abandon (2)

saint-jean-baptiste-deux-eglises-monuments-historiques-etat-abandon
Saint Jean-Baptiste (XVIIe siècle). (Photo : Michel Bessone)
herodiade-deux-eglises-monuments-historiques-etat-abandon
Hérodiade (XVIIe siècle). (Photo : Michel Bessone)
voute-eglise-deux-eglises-monuments-historiques-etat-abandon
Voûte de l’église. (Photo : Michel Bessone)
decor-au-dessus-tabernacle-deux-eglises-monuments-historiques-etat-abandon
Décor au dessus du tabernacle. (Photo : Michel Bessone)
vierge-a-l-enfant-deux-eglises-monuments-historiques-etat-abandon
Vierge à l’Enfant. (Photo : Michel Bessone)
deux-eglises-monuments-historiques-etat-abandon
(Photo : Michel Bessone)
deux-eglises-monuments-historiques-etat-abandon
(Photo : Michel Bessone)
christ-pret-bapteme-deux-eglises-monuments-historiques-etat-abandon
Le Christ prêt au baptême. (Photo : Michel Bessone)
deux-eglises-monuments-historiques-etat-abandon
(Photo : Michel Bessone)
grande-statue-bois-deux-eglises-monuments-historiques-etat-abandon
Grande statue en bois. (Photo : Michel Bessone)
livre-ancien-rare-deux-eglises-monuments-historiques-etat-abandon
Un livre ancien et rare. (Photo : Michel Bessone)
date-indiquee-deux-eglises-monuments-historiques-etat-abandon
La date est indiquée : 1777. (Photo : Michel Bessone)
deux-eglises-monuments-historiques-etat-abandon
(Photo : Michel Bessone)
Deux églises pyrénéennes « monuments historiques » à l’état d’abandon (1)

Deux églises pyrénéennes « monuments historiques » à l’état d’abandon (1)

On parle beaucoup de patrimoine ce week-end : voilà les Journées européennes du patrimoine.

L’occasion pour moi d’évoquer sur le blog une sorte de double langage, l’état d’abandon ou presque de deux petites églises de montagne d’un intérêt majeur, l’une classée et l’autre inscrite au titre des monuments historiques.

Leur statut juridique est pourtant censé les protéger !

Que font les élus ? Que font les fidèles ? Que fait la DRAC Midi-Pyrénées ?

Depuis des années personne ne s’alerte, alors que les deux édifices se trouvent dans une vallée très touristique des Pyrénées centrales et sont bien connus des amateurs d’art religieux, roman en particulier.

J’y suis retourné il y a quelques semaines. Les dégâts à l’intérieur sont de plus en plus importants et vont devenir, je le crains, irrémédiables.

Ornées d’extraordinaires fresques (XVe, XVIe ou XVIIe siècle), voisines dans une même commune, la première église, quasiment vide, non entretenue, est envahie et souillée par une importante colonie de chauves-souris, la seconde contient des trésors qui méritent d’être mis à l’abri sans délai et restaurés.

flagellation-deux-eglises-monuments-historiques-etat-abandon
Flagellation (fin XVe siècle). (Photo : Michel Bessone)
baiser-judas-deux-eglises-monuments-historiques-etat-abandon
Baiser de Judas (fin XVe siècle). (Photo : Michel Bessone)
miracle-saint-eloi-deux-eglises-monuments-historiques-etat-abandon
Miracle de Saint Eloi (fin XVIe siècle). (Photo : Michel Bessone)
christ-en-croix-deux-eglises-monuments-historiques-etat-abandon
Christ en croix (XVIe siècle). (Photo : Michel Bessone)
christ-en-croix-detail-deux-eglises-monuments-historiques-etat-abandon
Christ en croix, détail. (Photo : Michel Bessone)
Le feu de la Saint-Jean à Tramezaïgues en 1883. Brandon, danses et « couleuvres rôties »

Le feu de la Saint-Jean à Tramezaïgues en 1883. Brandon, danses et « couleuvres rôties »

23 et 24 juin : feux de la Saint-Jean, bains de rosée matinale, bouquet protecteur, rites bizarres et dictons de la Saint-Jean…

Célébration séculaire, ludique, festive, volontiers licencieuse, du solstice d’été…

L’Eglise a christianisé tant bien que mal ce temps fort de l’année. Juste six mois avant Noël, elle fête la naissance de saint Jean Baptiste.

Jean le Baptiste, cousin de Jésus, prédicateur, est celui qui a baptisé le Christ (voir en illustration une représentation peu courante de saint Jean, barbe et cheveux ras – oeuvre de David Pons à l’église Notre-Dame, à Arreau).

Comme dans beaucoup d’endroits, la Saint-Jean était jadis une fête majeure en vallée d’Aure.

Grâce au site Gallica, on peut retrouver facilement un petit texte et un dessin parus dans le journal Le Monde illustré du 28 juin 1884, qui attestent que le brandon de type commingeois – un tronc d’arbre entier fendu avec des coins et non un « feu-amoncellement » – se pratiquait à Tramezaïgues et en haute vallée d’Aure.

Isaure Gratacos décrit en détails les coutumes des feux de la Saint-Jean – en Comminges et Couserans – dans un passionnant ouvrage, Calendrier pyrénéen, dont je vous conseille la lecture.

Si la tradition du brandon véritable a semble-t-il aujourd’hui disparu en vallée d’Aure, elle se maintient toujours dans le Luchonnais et d’autres secteurs du Comminges comme à Ponlat-Taillebourg.

Le journaliste du Monde illustré, de passage à Tramezaïgues le 23 juin 1883, relève une sinistre particularité, que des couleuvres sont brûlées vivantes dans le brandon béni par le curé, et il s’interroge sur le sens de ce rituel qui amuse les villageois.

Brûler des serpents au feu de la Saint-Jean se faisait ailleurs dans les Pyrénées, dans le Comminges (Luchon, Marignac), en Ariège (Ax-les-Thermes, Gourbit). En Bigorre aussi, selon René Descazeaux.

Il arrivait même que d’autres animaux soient sacrifiés, jetés vivants dans les flammes des feux de la Saint-Jean en Comminges et en Couserans : des chats noirs, des crapauds. Créatures maléfiques, réputées toutes appartenir au Diable…

naissance-saint-jean-baptiste-fresque-ghirlandaio
Naissance de saint Jean Baptiste. Fresque de D. Ghirlandaio, Florence, 1486-90.
saint-jean-enfant-toran-val d aran
Saint Jean Baptiste enfant (église de Sant Joan de Toran, val d’Aran).   (Photo : Michel Bessone)
bapteme-christ-pons-saint-jean
Le baptême du Christ, D. Pons. (Photo : Michel Bessone)
bapteme-pons-saint-jean
Le baptême par Jean. (Photo : Michel Bessone)
visage-christ-pons-saint-jean
Visage du Christ. (Photo : Michel Bessone)
visage-jean-pons-saint-jean
Visage de Jean. (Photo : Michel Bessone)
statue-christ-bapteme
Le Christ lors de son baptême (statue dans une église du Comminges). (Photo : Michel Bessone)
feu-saint-jean-vallee d aure-kauffmann
Le feu de la Saint-Jean à Tramezaïgues en 1883. (Dessin de M. Kauffmann)

 

La croix du Castéra à Aulon

La croix du Castéra à Aulon

Pour répondre à une hypothèse, j’apporte juste une précision complétant mon récent article + commentaire sur la stèle gallo-romaine de Guchan.

La croix du Castéra (que l’on date du 17e siècle), avec un Christ en croix, ne peut pas correspondre à la pierre signalée par Stéphane Lévêque, c’est absolument certain.

Sur la photo, rien ne rappelle la stèle de Guchan.

croix-castera-aulon
La croix du Castéra. (Photo : Michel Bessone)

 

Le monogramme caché de Mont

Le monogramme caché de Mont

Sur une photo jointe à mon dernier article, vous avez peut-être noté quelque chose de bizarre : des signes sculptés apparaissent, recouverts par la fresque du diable, peinture murale (XVIe siècle) de l’église de Mont, dans le Louron.

En fait, il s’agit d’un tympan à chrisme roman (XIIe ou XIIIe siècle) utilisé en remploi.

Le chrisme, monogramme du Christ, devenu évocation de la Trinité avec la latinisation du P (rhô) et le rajout du S – parfois inversé.

On recense de nombreux chrismes datant de l’époque médiévale dans les Pyrénées. Leur lecture reste souvent d’un abord complexe.

A Mont, l’image est curieuse : ce symbole chrétien semble comme foulé, piétiné par le vilain démon aux pattes griffues alias Satan ou le Grand Bouc noir…

Une roue à secteurs ainsi qu’un iris/fleur de lys (plutôt qu’une lance ou une ancre) ornent le chrisme côté gauche.

Les roues à secteurs sont difficiles à interpréter. A Cazaril-Laspènes, Julien Sacaze a découvert en 1876 une mystérieuse pierre gravée, avec des damiers, des roues à secteurs, des chevrons, une croix, l’inscription du psaume 128 (127) Labores manuum tuarum, mais qui pourrait très bien être non chrétienne à l’origine.

De multiples études ont été consacrées à l’iris/fleur de lys. Habituellement, il est fait allusion au pouvoir de la royauté (sceptre) ou à l’attribut virginal de Marie.

Le chrisme caché de Mont présente des caractéristiques – dessin de l’Α (alpha) et de l’Ω (oméga) en particulier – que l’on ne retrouve qu’à Anéran (deux chrismes), dans la même vallée du Louron, et sur l’autre versant du tout proche col de Peyresourde, à Gouaux-de-Larboust et à Poubeau. Soit une famille de cinq chrismes.

(26/12/2011) Mont : les pattes de Satan et le chrisme.
(28/08/2009) Poubeau. Cercle solaire ? Couronne d’épines ? Juste 33 petits triangles, est-ce un hasard ?
(26/12/2011) Gouaux-de-Larboust. On devine à gauche une fleur de lys, effacée lors de la Révolution peut-être.
(27/08/2011) Anéran (abreuvoir). Monogramme malheureusement en mauvais état de conservation.
(27/08/2011) Anéran (église). Surlignage à la peinture. Fleur de lys rappelant un trident.
(26/12/2011) Mont (portail de l’église). Voilà semble-t-il la copie – partielle – du chrisme caché. L’Α et l’Ω diffèrent.
(30/07/2009) Pierre gravée énigmatique de Cazaril-Laspènes.
Une bûche de Noël. Joyeux Noël !

Une bûche de Noël. Joyeux Noël !

Cette image d’un ourson jouant avec une bûche, je la trouve très sympa pour vous souhaiter un joyeux Noël !

Les ours, certains les détestent dans les Pyrénées…

La bûche de Noël était à l’origine non pas un dessert, mais un rondin ou une souche (soqueth en pays commingeois) qui mettait beaucoup de temps à se consumer dans la cheminée – parfois plusieurs jours, si possible jusqu’au Premier janvier.

Rappelant que Jésus nouveau-né, réchauffé seulement par le souffle d’un âne et d’un bœuf, n’avait pas bénéficié de l’ardeur d’un feu, cette tradition chrétienne revêtait une grande importance car on y associait de nombreux présages.

La nuit de Noël : la Nativité. Le solstice d’hiver.

Si vous êtes superstitieux, la nuit de Noël est la seule de l’année durant laquelle, en principe, on ne devrait pas craindre le diable, car toutes les créatures des ténèbres descendent alors en enfer porter le deuil de la naissance du Christ…

La naissance de Jésus, Maître Francke, 1424. (The Web Gallery of Art)
(24/12/2011) Diable peint de l'église de Mont, XVIe siècle (détail).
(28/07/2009) Corde et rouge sang. Au centre du village d'Oô.
Une bûche pour un joyeux Noël ! (Source : le Web)

La Pietà de l’église Notre-Dame, à Arreau (2)

La Pietà de l’église Notre-Dame, à Arreau (2)

Le Christ

Reposant en oblique sur les genoux de Marie, le corps de Jésus donne l’impression de flotter. On pourrait croire à une lévitation.

La couronne d’épines n’a pas encore été retirée.

Au flanc droit, une gerbe de sang épais (coagulé ?) souligne la profonde blessure post mortem infligée par la lance de Longin.

Le Christ paraît seulement dormir, le visage paisible, les lèvres entrouvertes comme s’il respirait toujours.

La Vierge Marie

Mater Dolorosa, elle est en pleurs, mais ne montre guère toute l’étendue de sa souffrance.

La Vierge prie avec dévotion. Ses mains jointes, doigts entrecroisés, constituent un élément central du groupe sculpté.

L’ampleur de la robe et le très beau drapé procurent une note agréable, chaleureuse.

Ce vêtement rappelle assez la capule des femmes auroises de jadis.

(31/08/2009) Visage du Christ.
(25/02/2011) La plaie au flanc droit.
(25/02/2011) Marie.
(25/02/2011) Les mains en prière de Marie.
(25/02/2011) Bras du Christ et drapé de la robe.